De plus en plus de personnes se demandent comment s’organiser ou faire face aux problèmes climatiques, incendies à l’avenir. Alors voici un article qui est censé vous rendre plus serein. Parce que vous savoir préparé au cas où, ça change le regard sur le reste. Une fois le placard garni, et les bons réflexes mis en place, on n’y pense plus. C’est un peu comme l’extincteur dans l’entrée.
Et la bonne nouvelle, c’est que presque tout ce qu’il faut, vous l’avez déjà si vous avez fait du camping.
L’eau d’abord
C’est la seule chose qu’on ne peut pas remplacer. Comptez 3 litres par personne et par jour, pour boire et se laver un minimum. Sur quinze jours, ça fait 45 litres chacun. Ça paraît beaucoup, mais ça se range mieux qu’on ne croit, à condition de choisir le bon contenant.
Oubliez les packs de bouteilles, qui prennent une place folle. Des bidons de 10 litres s’empilent et se glissent dans un placard ou sous un escalier. Ils doivent être alimentaires, sans exception, et propres. Rangés à l’abri de la lumière et de la chaleur, ils gardent l’eau environ six mois. Passé ce délai, on vide et on remplit à nouveau.
Chez moi, j’en ai trois. Pour deux personnes, ça fait une semaine, rien que pour boire. Même pas de quoi cuire les pâtes ou faire un café. Ce chiffre en dit long : quinze jours, ça demande plus de bidons qu’on ne l’imagine, et on les ajoute un par un, sans y penser.
Si la panne démarre pour de bon, un réflexe simple : remplir tout ce qui se remplit (bidons, gourdes, baignoire) tant que le robinet coule encore. Un ou deux jerrycans pliables, vides, ne prennent presque aucune place et permettent d’aller chercher de l’eau là où les autorités en distribuent.
Les filtres à gravité (type Katadyn, Berkey) ou les filtres mécaniques à 0,1 micron arrêtent les bactéries et les microparticules. Combinés avec du charbon actif, ils retiennent aussi une partie des produits chimiques et des mauvais goûts, ce que le Micropur ne fait absolument pas.
L’eau de pluie ruisselle sur les toits et se charge en fientes d’oiseaux, mousses, métaux des gouttières (zinc, plomb) et pollutions atmosphériques.
- Pour la rendre potable chez soi : Il faut d’abord la filtrer mécaniquement (pour retirer les dépôts et produits chimiques) puis la traiter (ébullition prolongée de 3 minutes ou pastilles de purification si l’eau est déjà claire).
- En France : La réglementation (article R211-123 du Code de l’environnement) interdit l’usage de l’eau de pluie pour la boisson ou la cuisson en temps normal. En situation de crise, la filtration poussée puis l’ébullition restent la méthode la plus sûre.
Côté hygiène, les lingettes et le gel hydroalcoolique économisent beaucoup d’eau potable. Pour les toilettes, la solution est plus simple qu’on ne l’imagine : un sac-poubelle solide dans la cuvette, avec une poignée de sciure ou de granulés pour animaux par-dessus. Des toilettes sèches improvisées, et ça fonctionne.
Manger sans y penser
Il y a un ordre naturel. Le réfrigérateur d’abord, dans les 24 premières heures. Le congélateur ensuite, porte fermée le plus possible, pour manger ses aliments dans les 48 à 72 heures. Et seulement après, les stocks.
Un conseil de bon sens : cuisez au gaz ce qui est en train de tiédir. Un aliment cuit se garde plus longtemps qu’un aliment cru qui décongèle, et rien ne se perd. Votre cuisinière à gaz fait très bien le travail. Gardez simplement une bouteille de réserve, des briquets, des allumettes étanches.
Quant aux stocks, vous les connaissez : conserves de plats cuisinés, de sardines, de thon, de lentilles, de haricots ou de pois chiches. Des féculents à cuisson rapide, comme la semoule, les nouilles chinoises, les flocons d’avoine ou le riz incollable. Puis de quoi se faire plaisir et tenir le coup : fruits secs, amandes, noix, barres céréalières, chocolat noir, miel. Ajoutez un ouvre-boîte manuel.
La lumière, le rythme, les nouvelles
Pour l’électricité elle-même, et pour le congélateur que l’on peut brancher sur un générateur électrique solaire, tout est dans mon article publié sur le sujet.
Ici, on parle d’une autre façon de vivre ces journées. Des bougies longue durée, des lampes torche et leurs piles de rechange : de quoi se déplacer le soir et trouver ses affaires. Et puis il y a le plus simple, le plus ancien : se lever avec le soleil, se coucher avec lui. Quand la nuit tombe, on ralentit. On mange, on parle, on dort. Les journées retrouvent un rythme que beaucoup ont perdu depuis longtemps.
Reste la question de l’information. Si le réseau mobile et internet lâchent, c’est la radio qui prend le relais. Une radio d’urgence AM/FM, rechargeable à la manivelle ou au soleil, vous permet d’entendre les consignes officielles, notamment sur France Info et Radio France. Prévoyez aussi un lieu et une heure de rendez-vous avec vos proches, au cas où les téléphones ne répondraient plus. Une fois dit à voix haute, c’est réglé pour de bon.
Et gardez un peu d’argent liquide : 200 à 500 euros en petites coupures de 10 et 20 euros, avec quelques pièces. Les terminaux de carte bancaire ne marchent pas sans courant.
La trousse, les papiers, la boîte à outils
Pour la santé, gardez un mois de vos traitements en cours si votre médecin ou votre pharmacien le permet. Ajoutez le classique : désinfectant, compresses stériles, bandes, pansements, sparadrap, ciseaux, pince à épiler, couverture de survie.
Côté hygiène : savon de Marseille, protections hygiéniques, brosses à dents, dentifrice, et des sacs-poubelle renforcés de 50 litres.
Les papiers, ensuite. Cartes d’identité, passeports, livret de famille, contrats d’assurance, carnets de santé : une copie plastifiée, ou une clé USB cryptée. Un couteau multifonction, un rouleau de ruban adhésif renforcé, 20 mètres de paracorde, des gants de manutention. Et des vêtements chauds : sous-vêtements thermiques, polaires, coupe-vent imperméable.
Où ranger tout ça
Dans des bacs en plastique étanches, bien étiquetés, posés dans un endroit sec, à l’abri de la lumière et facile d’accès. Deux fois par an, on ouvre : on contrôle les dates de péremption et on renouvelle l’eau. Dix minutes, un samedi matin.
On avance par petites touches, un article par course, et au bout de quelques semaines le placard est prêt. Après, on n’y pense plus. On vit comme avant, avec une inquiétude en moins.
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